Brasser ma première India Pale Ale à la maison

Comme vous le savez sans doutes, je suis un fervent amateur de bière. De bonne bière. De bières pensées, à la recette réfléchie, travaillée, de bières où la qualité est plus importante que la quantité ou le prix et le profit. J’aurais simplement pu dire que je suis un amateur fini de bières de microbrasseries. Au début de mon aventure d’amateur de bière, la Belgique était mon standard. Après tout, l’histoire brassicole de la Belgique remonte au 12ème siècle. Outre la qualité exceptionnelle de la plupart de leurs bières, ce qui me fascinait c’était la grande diversité, pour ne pas dire la multitude de bières différentes et déclinaisons du même style que ce pays avait à nous proposer. Lorsque j’ai quitté le Québec pour m’établir en Angleterre en 2005, il n’y avait que quelques microbrasseries dans la Belle Province. Lorsque je suis revenu en 2012, le monde brassicole québecois avait un tout nouveau visage.

Selon Wikipédia, « depuis 2016, le Québec compte plus de 150 microbrasseries, broue-pubs ou brasseries artisanales produisant quelque 3348 bières ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_microbrasseries_qu%C3%A9b%C3%A9coises

Depuis mon retour, j’ai tenté de garder l’esprit ouvert et essayer le plus de bières et styles de bières différents. J’ai rafinné mes goûts, je sais maintenant ce que j’aime, ce que j’adore, et ce que j’aime moins ou déteste (rare). Et j’ai commencé à me demander: « Est-ce que je pourrais, moi aussi, brasser de l’excellente bière? » J’ai commencé à lire, suivre, questionner, analyser, me renseigner etc. J’ai commencé à comprendre les étapes du brassage de la bière. J’ai connecté la science avec la technique (dans une autre vie, j’étais microbiologiste). Éventuellement, j’ai décidé de l’essayer…

Je commence petit…

Mon père brasse sa bière depuis quelques années maintenant. Il s’amuse, ça se voit! Moi aussi je voulais m’amuser. Alors il m’a donné son kit de départ.

Comme je voulais commencer directement tout grain, j’ai visité mon Atelier Bière et Vin local et mon choix s’est arrêté sur un nano kit Mark’s Beer Brew in a Bag. Il s’agit d’un kit maison contenant les grains non moulus, la levure, le/les houblon/s, et le sucre de maïs. Le tout est accompagné par la recette permettant de brasser à un volume en fermentation d’environs 3.3L. Pour moi, c’était parfait. Je voulais me familiariser avec les différentes étapes du brassage, du nettoyage et de la désinfection de l’équipement, sans avoir à brasser un 23L en commençant. Et voilà, un samedi matin très tôt, je me lance…

Jour 1

Je dois avouer que je suis excité, et nerveux à la fois. Je sais bien qu’il ne s’agit que de bière, mais j’ai quand-même cette anxiété de performance: je dois réussir. Ma première brasse sera une IPA classique; bien maltée, pourcentage d’alcool autour de 6.4%, houblons Cascade et El Dorado durant l’ébulition du moût, et houbonnage à froid en tourie (5 derniers jours) avec les houblons El Dorado et Citra.

Le tout s’est déroulé relativement bien. La technique est relativement simple, mais le truc est l’organisation. Comme toute première fois, il y a eu des petits accros ici et là, mais rien de bien dramatique. Par exemple, j’ai ajouté le sucre de maïs lors des 10 dernières minutes de l’empâtage (grain dans l’eau à 67°C pendant une heure) au lieu des 10 dernières minutes de l’ébulition du moût. AHHHhhhhhh misère! Mais non. Au pire, ma levure aura un peu moins de sucre simple à se metter sous la dent (une partie du sucre sera absorbée par le grain), et donc mon pourcentage d’alcool sera moins élevé que prévu. Je devrais être capable de vivre avec ça!

Mon réel soucis? Le temps nécessaire afin de faire passer mon moût de 95.4°C (température relevée lors de l’ébulition) à 21°C (température d’entrée en tourie). L’idéal, c’est évidemment le plus rapidement possible afin d’éviter toute contamination et l’oxydation, entre autres. J’ai personnellement utilisé la neige presente à l’extérieur et faire refroidir mon moût directement dehors (casserole avec couvercle) sur ma terrasse. Le tout à quand-même mis 2h30min à refroidir… Bon… je verrai à changer de stratégie pour la prochaine fois! Vers 11h30, j’avais une nano tourie (1 gallon) pleine de moût (Densité de 1.050, un peu plus bas que le 1.060 prévu, probablement attribuable à l’histoire du sucre de maïs plus haut…) auquel j’ai ajouté environs 3.5g de levure SafAle US-05. Le tout a été placé à fermenter, à la noirceur, à 20°C. Ça devrait y rester pendant 14 jours environs.

Jour 2 – It’s alive!

Ça fait maintenant 24 heures que (techniquement) ça fermente. Je suis anxieux… Je descend au sous-sol et…It’s Alive!!!!Comment des bulles peuvent nous rendre heureux!!! Maintenant… l’attente!

Jour 3 – 7 – Fermentation active

Déja que ça fermente, je suis content. De voir que ça continue de fermenter au delà de 24h, ça me rend fou de joie! Note à moi-même pour la prochaine fois: « Met un blow-off sur ton contenant au lieu d’une bonde en S comme sur le vidéo! » L’activité intense des premiers jours de fermentation auraient pu bloquer ma bonde et résulter en une refonte de la décoration de mon sous-sol. J’ai corrigé le tout mais comme l’activité avait déjà ralenti, ce n’était probablement nécessaire. J’ai été chanceux cette fois!

Après 7 jours de fermentation, et comme l’activité semblait avoir diminuée de beaucoup, j’ai décidé de prendre une mesure de gravité afin de voir où je me situais par rapport à ma gravité finale théorique de 1.010. À ce moment, je me situais à 1.018. Comme je prélève un volume d’environs 75ml afin de prendre ma lecture, et que je ne pouvais concevoir de jeter ce précieux nectar en devenir, j’ai décidé d’y goûter! C’était flat, température-pièce mais, oh! surprise: ça goûte la bière!!

Les mesure de gravité subséquentes m’ont confirmé que la fermentation s’était bel et bien stabilisée, j’ai donc procédé à 5 jours de houblonnage à froid (dry hop) avec 4g de houblon El Dorado et 2g de houblon Citra, ajoutés directement dans mon fermenteur.

Jour 14 – Il est temps d’embouteiller

Après 14 jours en fermenteur, la gravité n’ayant pas bougé d’un poil depuis un peu moins d’une semaine, il est temps d’embouteiller. Après 24h au frigo et 1h dehors à -20°C (cold crash), j’ai transféré le nectar en bouteilles de 341 ml.

J’ai pu bénéficier de l’aide de mes enfants et de ma femme Brunella, bien que cette pico brasse ne m’a donné que 9 bouteilles. Une fois l’embouteillage terminé, le tout est retourné à 22°C à la noirceur pour un 14 jours de carbonation en bouteille.

Le moment de vérité!

Ça y est! Le moment tant attendu est enfin arrivé. Ma bière a maintenant été embouteillée pour 14 jours, ce qui devrait être amplement suffisant aux levures afin de produire le CO2 et rendre la bière pétillante.

Voilà! Ma première IPA tout grain! Au nez, c’est légèrement floral. En bouche, c’est une amertume modérée qui nous attend. C’est malté, peu sucré, et relativement bien balancé. Je suis assez content du résultal! Assez content pour vouloir continuer à brasser maison, et à expérimenter.

Depuis que j’ai brassé cette IPA, j’ai lancé deux nouveaux brassins; une NEIPA juteuse et houblonnée au possible (en fermentation depuis 1 semaine, elle devrait être prête vers la fin février), ainsi qu’un Coconut Espresso Milk Stout, tout just mis en fermentation hier. Je vous tiendrai au courant!

Cheers!

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